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  Enseignement à distance : attention danger !
Posté par : Gérard Blanchet - 14-06-2020, 14:00 - Forum : INFORMATIQUE ET SOCIÉTÉ - Pas de réponse

« L'École de demain s'appuiera largement
sur de l'enseignement à distance »
selon Jean-Michel Blanquer :
attention danger !
 

   Il s'agit là d'une annonce de J.-M. Blanquer dans deux entretiens, sur France Inter le 8 mai et dans le JDD le 10 mai [1]. La pandémie du Covid-19 serait l'occasion de « moderniser le système éducatif ». La rentrée de septembre verra des expérimentations de « modalités de fonctionnement mixtes ». Le ministre a parlé de la place du sport, de la culture, « qu'il souhaite développer ». Et du périscolaire. Il est clair que l'appel au périscolaire en lieu et place des temps d'enseignement est ancré dans ses réflexions. Le dispositif 2S2C ne manque pas d'inquiéter les enseignants. Il signifie que ni l'EPS ni les enseignements artistiques n'ont leur place dans la scolarité. L'avenir de l'École pourrait être moins d'école. Il s'agit pour le ministre « de faire de notre école une réelle source de transmission du savoir et d'épanouissement ». Excusez du peu.
   L'expérience amène à être plus que dubitatif. On peut avoir le sentiment légitime qu'il s'agit pour le ministre, s'appuyant sur la crise sanitaire, de faire en sorte que « l'après » soit pire que « l'avant ». Classique et pas circonscrit à l 'éducation. C'est tout l'enjeu de la période à venir.
   Ci-après, quelques raisons de s'opposer à cette instrumentation de l'informatique et des technologies de l'information et de la communication, instrumentation classique également. L'informatique est une discipline à enseigner, au même titre que la physique ou la biologie, et l'on sait aussi depuis un demi-siècle que l'informatique et le numérique recèlent pour les enseignants des potentialités pédagogiques réelles pour faire des choses qu'ils ne peuvent pas faire sans ou qu'ils peuvent faire mieux avec. Mais il faut que ce soit des usages ciblés et raisonnés. Pas de solution miracle réponse à tous les problèmes et apportant le bonheur sur la « terre éducative ». Et, si les fabricants de matériel et logiciel informatique « se lèchent les babines », il n'est pas inutile de redire que l'éducation, comme la santé, est un bien commun et que le nécessaire service public d'éducation doit être à l'écart de la sphère des rapports marchands.
L'aggravation des inégalités sociales
   Les enseignants se sont mobilisés pour assurer la continuité pédagogique et celle des apprentissages. Ils ont rivalisé d'ingéniosité pour assurer cette continuité à distance avec leur propre matériel, en dépit des difficultés techniques, ou, dans les établissements, pour assurer la garde des enfants des personnels soignants.
   Mais, enseignement essentiel, de l'avis général, un vrai consensus, le confinement a provoqué une aggravation des inégalités scolaires, inégalités qui sont sociales. Des enfants ne disposent pas de matériel informatique à la maison (pas d'ordinateur familial (le cas pour un foyer sur cinq, le chiffre montant à un tiers chez les 25 % les plus pauvres) ou un seul portable pour toute la famille). Tous les parents ne sont pas en mesure de « remplacer » les enseignants. Il existe en effet de grandes inégalités dans ce domaine de l'aide scolaire parentale aux enfants. Et la disponibilité des parents a ses limites de par leur travail ou télétravail. Sans compter l'exiguïté d'une partie des logements qui complique singulièrement la tâche.
   On préfère donc une autre « école de demain », l'expérience ayant montré la réalité de l'aggravation des inégalités sociales.
D'autres enseignements de la « continuité pédagogique »
   Il y a eu un quasi consensus pour saluer l'engagement des enseignants dans le contexte de la pandémie. Nos précédents éditoriaux n'ont pas manqué d'en faire état [2].
   Les problèmes techniques rencontrés sur le terrain par les enseignants n'ont pas manqué : difficultés pour se connecter de par les limites de la capacité des réseaux, outils informatiques non adaptés. Certes la situation a évolué avec la mise à disposition de la plate-forme apps.education.fr [3] mais où sont la logistique et les moyens humains nécessaires aux plans national et académique ?
   Les enseignants fabriquent des ressources pédagogiques et utilisent les ressources existantes (par exemple du CNED et des ENT). Mais peu de choses sont dites sur la façon de les mettre en œuvre et d'y préparer les enseignants en amont. Il est vrai que la formation initiale et continue des enseignants en informatique est encore insuffisante pour les usages pédagogiques que l'on peut en faire. Or l'appropriation des outils par les enseignants est nécessaire. La formation, toujours la formation, fil d'Ariane de l'EPI depuis sa fondation ! Un document de l'OCDE récemment publié indique que la réponse apportée par les pays de l'OCDE à la fermeture des écoles est assez similaire à ce qu'on observe en France, mais la France est parmi les pays les moins avancés en raison « d'un manque de formation ». On ne s'improvise pas réalisateur de séquences d'enseignement à distance.
L'enseignement, des apprentissages cognitifs mais aussi des relations humaines
   L'enseignement comporte évidemment une dimension cognitive, l'appropriation des savoirs, le théorème de Pythagore, la conjugaison, l'accord du participe passé... Mais la construction des savoirs par chaque élève est hautement favorisée par les relations avec les autres, la dynamique de la classe. Travailler ensemble est efficace et permet de s'enrichir les uns des autres. La coopération plutôt que la concurrence. Cette dimension sociale est aussi un apprentissage de la vie en société.
   Une des raisons mises en avant par les élèves pour retourner à l'école est de retrouver leurs amis qui leur manquent. Les copains, c'est important dans le plaisir d'aller à l'école. Et l'on a tous en tête ces exemples de vocations issues des cours du « bon » professeur que les élèves ont eu et qui a su leur faire partager sa passion pour sa discipline. La dimension affective joue un rôle important dans l'éducation.
   Il y a donc l'intelligence cognitive mais aussi les intelligences corporelles, culturelles, sociales. C'est bien connu, l'homme et la femme sont des « animaux sociaux ».
   Les « relations numériques » ne remplacent pas, loin de là, les interactions en présentiel. Si l'enseignement à distance a ses évidentes vertus pour des adultes autonomes et déjà formés, ou les « grands » élèves, il a ses limites avec l'âge, particulièrement pour les jeunes enfants. Attention aux adultes que nous formerions avec des élèves par trop confinés lors de leur scolarité.
L'obsession de faire des économies
   On ne cessera pas de le répéter, l'éducation, comme la santé, n'est pas un coût improductif mais un investissement essentiel pour l'avenir du pays. On vient de voir le coût humain et économique que représente l'impréparation de la France à une pandémie de par les restrictions budgétaires infligées à l'hôpital public.
   Quand un ministre est capable de vendre une « modernisation du système éducatif » avec toujours moins de moyens humains, toujours plus d'outils reposant sur les moyens des familles et des personnels, toujours plus de numérique mais sans la réflexion pédagogique et la logistique derrière, il faut être sur ses gardes. Prôner une école de demain largement fondée sur l'enseignement à distance quand on dit en même temps que ce dernier est générateur d'inégalités relève de l'art de dire tout et son contraire. Le « en même temps » présidentiel et gouvernemental a ses contradictions que la raison ignore. Un peu de logique dans les programmes scolaires n'est pas superflu.
   Les déclarations de J.-M. Blanquer visent-elles à préparer l'opinion publique à encore plus de casse du service public d'éducation. La modernité technologique mérite mieux. Le SNES-FSU précise qu'« il faudra surtout rappeler que ce que nous faisons actuellement revêt un caractère purement exceptionnel, mais surtout temporaire » [4]. Soyons vigilants pour une autre « école de demain » : une école des apprentissages des connaissances et des indispensables relations humaines en présentiel, avec un usage raisonné de l'informatique et du numérique.
15 juin 2020
Jean-Pierre Archambault
Président de l'EPI
NOTES
[1] https://youtu.be/djIrBwDguko
[2] « Continuité pédagogique au temps du confinement »
https://www.epi.asso.fr/revue/articles/a2004a.htm
« Fichage des enseignants, une rentrée problématique, apps.education et logiciels libres, et les biens communs »
https://www.epi.asso.fr/revue/articles/a2005a.htm
[3] https://apps.education.fr/
[4] https://www.snes.edu/La-reprise-laborato...noble.html

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  Pierre Perret - Les confinis
Posté par : Gérard Blanchet - 10-06-2020, 21:16 - Forum : Autres vidéos - Réponses (1)

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  Avenir des Rencontres de l'Atelier
Posté par : Pierre G. - 07-06-2020, 19:10 - Forum : DEMAIN SE PRÉPARE AUJOURD’HUI - Réponses (2)

Comme ils l'ont fait durant le confinement, les Animateurs de l'Atelier continuent d'échanger, sous la forme de réunion téléphonée, en ce début de confinement. Leur  souci est de préparer au mieux la relance de la bataille des idées qui, avec ce que nous venons de vivre, devra prendre une nouvelle dimension pour tenter de répondre à l'immense question à laquelle nous sommes inévitablement confrontés : dans quelle société voulons nous vivre?

Vous trouverez joint le compte-rendu de nos derniers débats. Vous observerez que cet écrit est antérieur aux événements qui se déroulent aux États-Unis et qui font  écho à ce qui, ces jours mêmes, se passe en France. Le fond est le même dans les deux pays : violences policières et racisme mais pourrait bien en toucher d'autres et s'étendre aux sujets sociaux. L'extrême violence des dirigeants des pays capitalistes qui n'hésitent pas avec leur police, voire leurs armées, à tenter de museler toutes tentatives de contestation et, plus encore, toutes aspirations à vivre dans un autre monde, devient de plus évidente aux yeux de tous .

Après avoir pris connaissance de nos analyses, nous serions preneurs de vos avis et suggestions.
Pour cela,notre forum vous est grand ouvert :
https://forum.rencontres-atelier.fr

Bien à vous.
Les Animateurs de l'Atelier


LES RENCONTRES DE L’ATELIER
Texte faisant suite à la réunion téléphonée du 20/05/2020
Il semble aux animateurs participant à cette réunion que deux éléments majeurs ressortent au moment où semble se terminer l’épidémie de coronavirus, avec les risques encourus pour la santé et ses plus de 28000 morts.
A ces si fortes préoccupations vécues, s’ajoutent une nette aggravation du chômage (hausse actuelle de 7,1 %) et, aussi insupportable que cela puisse sembler à notre époque, des risques de malnutrition touchant des familles déjà frappées par tant de difficultés.
Méprisant ces douloureuses réalités et, sans scrupule ni hésitation, Macron et les siens restent pour l’essentiel sourds à tous les appels en vue d’améliorer, sans retard, des secteurs durement frappés comme la santé qui, sans l’extraordinaire contribution des salariés, auraient pu nous conduire à des drames plus étendus. Ils ne répondent pas mieux aux sollicitations pressantes pour plus de justice sociale. Par contre, nos dirigeants sont très actifs pour accourir au secours des grandes entreprises, des actionnaires et de leurs dividendes (plus de 300 milliards d’euros) et, craignant la réaction du peuple, ils s’empressent de museler la démocratie et de développer un autoritarisme des plus inquiétants.
Mais ni Macron ni personne ne pourra museler ce qui se passe dans les têtes de l’immense partie d’entre nous qui avons eu peur pour notre santé, qui avons souffert de tant de gabegie et qui avons aussi fait vivre des solidarités des plus stimulantes pour limiter, autant que faire se peut, les conséquences des risques encourus.
Il semble en effet retenu comme réel et plus fort que jamais, le constat d’un gâchis tellement préjudiciable provenant des gouvernants au profit des géants de l’industrie et de la finance qui pillent sans retenue les richesses créées par le plus grand nombre d’entre nous. Les méfaits du capitalisme étaient certes déjà connus, mais avec la dernière crise, il semblerait qu’ils soient apparus plus évidents et plus destructeurs.
Plus qu’un long exposé, prenons un exemple concret et qui, de plus, touche directement à notre santé.
Le laboratoire pharmaceutique Sanofi est un groupe qui doit tout au soutien de L’État et qui donc, à merveille, incarne les liens incestueux noués entre les puissances politiques et le marché capitaliste. En effet, Sanofi, c’est 35 milliards d’euros de chiffre d’affaires, 100 milliards de capitalisation boursière et c’est 4 milliards d’euros empochés par les actionnaires.
Comme si ces chiffres ne révélaient pas des richesses difficilement mesurables par le commun des mortels, L’État lui a servi sur un plateau 150 millions d’euros de crédits d’impôts, 24 millions au compte du CICE versés chaque année. En plus, l’entreprise internationale a pu compter sur de substantiels crédits européens.
Pourtant Sanofi, biberonnée à l’argent public, ne se sent liée par aucune obligation à l’égard du pays, moins encore à l’endroit des français. Bien pire encore, elle leur nuit comme par exemple en arrêtant, il y a quelques années, toute recherche sur les maladies infectieuses. Révoltant, tout simplement révoltant quand on pense à ce que nous venons de vivre. Et de plus, Sanofi a sabré dans l’emploi pour doper encore les actions du groupe.
Ne sommes nous pas fondés à dire qu’un tel groupe capitaliste ne doit plus continuer à nous nuire, à nous voler ? N’est-il pas temps d’exprimer notre exigence de voir l’entreprise Sanofi devenir un bien commun, une propriété commune aux citoyens ? Le moment n’est il pas venu de voir l’entreprise gérée par les salariés, les chercheurs, les soignants et les usagers ? Si nous ne le faisons pas, quels risques plus graves n’encourrions-nous pas en cas de nouvelles épidémies ?
Mais notre raisonnement ainsi enclenché, ne doit-il pas faire le constat que toutes les grandes entreprises en France, tout aussi cadenassées par d’avides actionnaires et tout aussi gavées financièrement par L’État, relèvent du même constat que celui fait pour Sanofi ?
Si oui, tout s’explique. Ayant, pour d’égoïstes intérêts financiers, massacré les productions françaises, y compris celles de première nécessité, y compris celles directement liées à la santé, nous ne disposions ni de masques, ni de tests, ni de produits de base pour fabriquer les médicaments. La liste pourrait hélas s’allonger à toutes les productions.

Le second élément que nous voudrions soumettre aux échanges à venir pourrait être considéré comme la mise en perspective concrète de ce qui est exposé ci-dessus à propos d’un autre devenir de maîtrise de productions.
Comment nous sommes-nous sortis au mieux d’une pandémie d’une aussi extrême gravité ? La réponse ne supporte aucune hésitation : par le savoir-faire professionnel, le sens du devoir, du dévouement à toutes épreuves de celles et de ceux qui étaient en première ligne : les professionnels de santé avant tout, les personnels des EHPAD et beaucoup d’autres avec eux, comme les pompiers, les acteurs (trices) des réseaux de production et de distribution de l’alimentaire, le secteur associatif…
Nous ne saurions manquer d’observer que bon nombre de ces métiers sont parmi les moins reconnus, les plus mal appréciés et bien sûr les plus mal payés. A tout cela s’ajoutent les femmes et les hommes qui, par un moyen ou par un autre, ont permis que nous soyons assurés de la meilleure protection possible. En un mot, toutes celles et tous ceux qui ont permis que le pays tienne debout. Il y a là des capacités humaines qui se sont exprimées avec peu de précédents dans notre histoire.
Nous pensons utile de mettre l’accent sur l’une de ces capacités humaines si prometteuse d’avenir et si réelle que même les médias bien pensants n’ont pu la passer sous silence.
Durant toute la crise, la direction des hôpitaux publics a été continuellement en total retrait.
Médecins, infirmiers, aides-soignants, personnels techniques et administratifs ont d’eux-mêmes fait fonctionner l’hôpital. Elles et ils ont fait face aux exigences des soins dans des conditions humaines et matérielles des plus dégradées. Elles et ils ont fait fonctionner les divers services.
Ne s’agit-il pas là d’une réalité d’une remarquable importance qui en dit long sur les capacités professionnelles et gestionnaires du monde soignant ? Ne devons-nous pas bien mesurer les apports conséquents, en capacité d’organisation et de maîtrise des soins qu’aurait un hôpital doté de moyens humains et techniques à la hauteur des besoins et qui serait dirigé par les soignants eux-mêmes avec l’appui des usagers et des collectivités publiques ?
Imaginons un instant ce qu’une telle démarche, dans le secteur de la santé publique, en appui sur le secteur du médicament, fabriqué tout entier en France sous la gestion des salariés, aurait pu impulser comme dynamique sanitaire de haut niveau pour faire face aux conséquences d’un virus. Cette toute autre façon de faire, d’agir et de gérer aurait, sans aucun doute, limité le nombre de malades et, plus encore, le nombre de décès.
Au fond, cette crise sanitaire ne peut-elle pas permettre de donner un relief inédit et stimulant à un double constat ?
D’un côté, des femmes et des hommes qui produisent en tous domaines et sans qui la France ne serait pas. Certain(es) produisent de la santé, d’autres de l’éducation, de l’énergie, du logement, de la nourriture …. Elles et ils sont l’avenir, un avenir qui peut être serein, maîtrisé, fait de partage et d’égalité.
De l’autre, une poignée d’individus, actionnaires qui, avec leurs valets dans tous les rouages publics, dominent L’État. Ils se croient tout permis, d’abord de capter à leur seul profit ce que dégagent nos productions, quitte à exploiter de plus en plus durement, mettre de plus en plus de citoyens en précarité invivable, à saigner l’école, la santé, le logement, les loisirs, jusqu’à en faire des services en extrême fragilité. Conscients de leur rejet grandissant, ils n’hésitent pas à désagréger le fonctionnement démocratique du pays et à mettre en place un système de plus en plus autoritaire et violent.

A celles et à ceux qui suivent, d’une façon ou d’une autre, les initiatives des « RENCONTRES DE L’ATELIER », nous proposons de tenir, dès que cela sera possible, une rencontre entre nous.
Ensemble, nous échangerons sur les mois que nous venons de vivre. Ensemble, nous mesurerons ce que cette période peut dégager. Ensemble, nous construirons « LES RENCONTRES DE L’ATELIER » à venir.
Pour ouvrir le débat, nous formulons ci-dessous quelques interrogations sur les possibles qui peuvent ressortir des mois écoulés. Nous souhaitons vivement que chacune, chacun d’entre vous les enrichisse de son point de vue.
  • .A l’issue de la dernière période, les contradictions, les désordres du capitalisme ne s’accentuent-ils pas ?
  • Les yeux ne se sont-ils pas ouverts, les consciences mises en alerte sur les impasses et les méfaits du capitalisme au plan économique, social, politique et environnemental ?
  • L’idée de placer notre économie sur une trajectoire vertueuse qui respecterait enfin notre environnement et garantirait un futur à notre planète n’a-t-elle pas progressée ?
  • N’est-il pas mieux ressenti par les citoyens qu’il est temps de prendre le chemin d’une économie démocratique dans laquelle les salariés et les usagers définissent ensemble ce qu’il faut produire ?
  • Le temps n’est-il pas venu de transformer les entreprises de sociétés de capitaux en unités de production autogérées ? N’est-ce pas là la définition même d’une sortie du capitalisme, et qui commencerait à ouvrir une période de rupture avec lui ? N’est-ce pas ce dont nous avons besoin aujourd’hui pour sauver notre économie, nos productions nationales ?
  • Le collectif de travail que constitue l’entreprise n’est-il pas apte à gérer ? L’existence des SCOP ne nous montre-t-elle pas, loin d’être une impossibilité, qu’une gestion par les salariés est un atout ?
En un mot :
  • Tout cela n’est-il pas à notre portée ?
  • Ne vivons-nous pas l’ouverture historique des possibles ?

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  Une révolution pour le système de soins en France
Posté par : Pierre G. - 07-06-2020, 15:36 - Forum : DEMAIN SE PRÉPARE AUJOURD’HUI - Pas de réponse

Article original paru dans l'Humanité
[Image: Pu1I94P_SQR7h9MJ98-1gSwaDv20KvwODlwz1yiE...-ft-l75-ft]
[Image: yfaVH4B1SqirAF0iYiVlk2VR1aLeNUcyU_BsFBUs...-ft-l75-ft]

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  LE COVID-19 A ÉTÉ UN TEST INCROYABLE DE SOUMISSION À L'AUTORITÉ
Posté par : Gérard Blanchet - 01-06-2020, 17:58 - Forum : Autres vidéos - Pas de réponse

[Image: AATXAJwQy5D9-Y42cQCbq2aEndCsZqdKXO_9qEzr...f-no-rj-mo]
Le Média

Dans le cadre de la date anniversaire de la première réunion du CNR, nous vous proposons une série d'interviews généreusement cédées au Média par le collectif Citoyens Résistants d’Hier et d’Aujourd’hui, réalisées dans le cadre du rassemblement des Glières de cette année qui a du être annulé.

On continue aujourd'hui avec le romancier et cinéaste Gérard Mordillat !
"Le Covid-19 et le confinement qui nous a été imposé est au niveau mondial un test incroyable de soumission à l'autorité".
Gérard Mordillat fait le rapprochement avec les études menées par le sociologue Stanley Milgram sur le consentement à l'autorité, dans les années 50 et 60 aux USA : "Dans le confinement on nous fait obéir à des ordres dont on a aucun moyen de vérifier le fondement, et au nom de la sécurité, nous courbons la tête et nous obéissons, ça ressemble beaucoup à ces expériences, il faut habituer la population à obéir, voilà ce que m'a inspiré ce confinement".
Au delà de la période, Gérard Mordillat définit des pistes pour la suite, partant de l'héritage du CNR : "Réinventer cette capacité à définir la loi et à dire du droit", car on manque de pensée. "Il faut être capable de penser les jours heureux".
Par exemple sur le temps de travail, les autres parlent tous d'augmenter le temps de travail, alors que le combat reste celui de la diminution du temps de travail. "Il faut réduire le temps de travail de chacun, pour que tout le puisse participer à la richesse de la nation, et cela doit aller de paire avec une augmentation des salaires, même si cela fera hurler le patronat."
En outre, Gérard Mordillat insiste sur la place centrale et les moyens que doivent avoir de nouveau les services publics, qui permettent aux gens les plus fragiles, d'avoir une vie décente malgré leur moyens.

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  Le Vietnam face à la pandémie : une stratégie efficace
Posté par : gblanchet03 - 01-06-2020, 9:54 - Forum : Autres textes - Pas de réponse

Article original paru dans l'Humanité du 10 mai 2020 : https://www.humanite.fr/le-vietnam-face-...ace-688891

Dimanche, 10 Mai, 2020
Le Vietnam face à la pandémie : une stratégie efficace
Par Jean-Pierre Archambault et Paul Fromonteil, respectivement secrétaire général et vice-président coopération de l'Association d'Amitié Franco-Vietnamienne (AAFV).

Le Vietnam a été félicité par l’Organisation mondiale de la santé pour sa stratégie efficace de lutte contre la pandémie du Covid-19. Quelques titres de la presse française parmi beaucoup d'autres tout aussi élogieux, la presse étrangères n'étant pas en reste (1) : « Face au Covid-19, les clés du succès vietnamien » ; « Coronavirus : le miracle vietnamien » ; « L'insolente réussite du Vietnam face au Covid-19 » ; « Coronavirus : Vietnam, le pays à zéro mort » ; « Viet Nam Zéro mort du coronavirus : comment expliquer le mystère vietnamien ? » ; « L’étonnant succès du Vietnam communiste face au coronavirus ». Le Vietnam est donc cité en exemple pour sa stratégie efficace de lutte contre le coronavirus. 
 

Citation :Voir aussi : Le Vietnam s'engage auprès des hôpitaux français
 
Les chiffres sont là pour étayer ces titres et le bilan vietnamien est jugé globalement crédible par l'Université John Hopkins, une référence sur la question (en Asie de l'Est, le cas de Taïwan : 6 morts, 420 cas). Les journaux soulignent la transparence dont font preuve les autorités vietnamiennes dans leur politique d'information vis-à -vis de la population sur les questions sanitaires, Ainsi Ouest-France, le 22 avril : « Il y a sans doute un peu plus de cas, il y a peut-être des morts dont on n’a pas connaissance dans les campagnes. Mais s’il y avait des gens qui se rendaient massivement aux urgences, on le saurait. Il n’y a aucune entreprise gouvernementale pour masquer la situation. Avec les réseaux sociaux, très utilisés au Vietnam, ce serait de toute façon très difficile. » Si donc la presse écrite informe largement sur le bilan exceptionnel du Vietnam, en revanche, il faut noter le silence des télévisions et radios qui, par ailleurs, nous saturent de reportages sur la Corée du Sud (les bons élèves), la Chine (méfiance). Une certaine conception de l'information... 
Un des meilleurs résultats au monde face au Covid-19 
Pays « en voie de développement », peuplé de 94 millions d'habitants, le Vietnam a mis en œuvre une stratégie de défense à « bas coût » et a réussi à faire bien mieux que de nombreux pays riches, en premier lieu les États-Unis, mais aussi la France. Cela alors qu’il était parmi les plus exposés, à cause de sa proximité avec la Chine. 
L'État vietnamien, protecteur, a endigué le virus de manière humaine et appliquée. Les Vietnamiens ont fait corps avec le gouvernement. Le système public de santé décentralisé, où l'hôpital occupe une place prépondérante, a joué tout son rôle. 
Et, non seulement le Vietnam a protégé sa population, mais il a aussi offert des masques à d’autres pays, dont la France. 
Le Vietnam a de nombreuses expériences de confrontations avec des épidémies depuis la crise du SRAS en 2003, celle de la grippe aviaire et enfin celle du MERS qui ont marqué la mémoire collective des Vietnamiens. Personne n'a donc pris le sujet à la légère. Sans parler des guerres de libération. 
Trois maîtres-mots ; anticiper, dépister et isoler 
Dès les premiers signes de présence potentielle du virus, le gouvernement a anticipé. En effet, « la première évaluation du risque a été faite début janvier, peu de temps après l’annonce par la Chine de l’apparition des premiers cas de contamination », s’est félicité Kidong Park, représentant de l'OMS à Hanoï. La fermeture des frontières, notamment celle avec la Chine, longue de 1300 kilomètres, a été faite dès le 1er février. La fermeture des écoles a été effective depuis la fête du Nouvel An vietnamien, le Têt, le 25 janvier. 
Ont été mis en œuvre le repérage et le testage des personnes qui pouvaient présenter quelques symptômes ainsi que leur isolement immédiatement et localement, dans les écoles, des centres de l'armée ou des hôtels pendant 15 jours. Le Vietnam a donc adopté une stratégie extrêmement offensive pour retrouver toutes les personnes contaminées et celles avec qui elles avaient été en contact. Cette stratégie avait déjà porté ses fruits lors de l’épidémie de SRAS. 
Autres mesures :
 
- Bien sûr le port par tous de masques de tous types (tissu, papier...), des masques réellement existants ! Pour cela un certain nombre d'entreprises qui produisent des vêtements ont été orientées vers la production de masques, plusieurs millions par jour.
 
- La diffusion par tous les moyens des mesures de protection, des gestes barrières, notamment par smartphone.
 
- Un confinement progressif qui s'est rapidement assoupli.
 
- La mobilisation de nombreuses entreprises pour produire des respirateurs de réanimation à faible coût.
 
- Un filet social pour les plus vulnérables. 
 
Système politique et confucianisme 
Enfin, la presse a souligné le rôle déterminant du système politique vietnamien. Le Vietnam et les pays de l'Asie de l'Est, dont la population se montre particulièrement disciplinée, ont réussi jusqu’à présent à endiguer et contenir la vague que nous prenons de plein fouet. L'excellence a des dimensions politiques, culturelles et civilisationnelles. Pour Jean-Noël Poirier, ancien ambassadeur de France au Vietnam, il ne s'agit pas d'un hasard, dans ces pays de culture confucéenne, « la défense et les intérêts du groupe l’emportent sur le droit de l’individu ».
Les relations France-Vietnam porteuses d’avenir
Si l’on regarde l’évolution de la pandémie en comparant les développements des situations en France, aux États-Unis, au Vietnam et en Chine, quelques idées fortes se dégagent. Ce n’est pas du côté d’un néo-libéralisme au service du capital financier ou d’une vision hégémonique que se trouvent les solutions. Au contraire, la crise pose une question incontournable, celle de la recherche d’autres voies pour le développement de l’humanité, pour des relations mondiales fondées sur l’amitié des peuples et la coopération : l’exemple du Vietnam le prouve. La réponse mondiale à la pandémie ne peut être construite que dans la multi-latéralité, dans le respect des identités, des intérêts de chacun. C’est la condition pour que le multi-latéralisme soit efficace. La pandémie traverse les frontières, la réponse ne peut être pertinente que dans cette dimension humaine. Les résultats obtenus au Vietnam nous intéressent donc et la situation exige de développer des relations qui ne soient plus celles d’un pays « riche » - la France - avec un pays « pauvre » - le Vietnam - mais d’assurer ces relations dans une réciprocité pleine de développements intéressants et prometteurs. 
Le sens de l’amitié et de la solidarité qui nous a conduits à la création de l’AAFV (Association d’Amitié Franco-Vietnamienne) prend donc des dimensions encore plus fortes avec le changement d’étape que souligne la pandémie. Les rapports France-Vietnam peuvent être un terrain pour la construction de réponses et de relations entre les peuples et les États.

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  Fichage des enseignants, une rentrée problématique, logiciels libres, biens communs
Posté par : gblanchet03 - 31-05-2020, 18:02 - Forum : INFORMATIQUE ET SOCIÉTÉ - Pas de réponse

Article original éditorial d'Epinet du 12 mai 2020 : http://www.epi.asso.fr/revue/articles/a2005a.htm

Fichage des enseignants,
une rentrée problématique,
apps.education et logiciels libres,
et les biens communs
 

Le fichage au temps du confinement

   Dans l'éditorial d'EpiNet du mois d'avril, nous rendions hommage aux enseignants mobilisés pour assurer la continuité pédagogique, l'engagement des enseignants étant salué comme il se devait. À une exception près, Sibeth Ndiaye, porte-parole du gouvernement, ayant provoqué un tollé avec sa sortie sur les enseignants « qui ne travaillent pas car les écoles sont fermées » [1].
   Cet engagement des enseignants s'est bien sûr poursuivi. Toujours salué. Mais l'Inspecteur d'académie de l'Ariège, dans un mail adressé aux inspecteurs de l'Éducation nationale et aux chefs d'établissement du département, leur demande la création de fiches afin de « garder en mémoire nominative des engagements remarquables et remarqués, l'inverse est aussi vrai » et les invite à « être le plus exhaustif possible sur leur connaissance et leur vigilance sur la situation, et l'implication de chacun » [2]. On croît rêver ! Un cauchemar que ce fichage des enseignants pendant la période du confinement, ce désir de surveillance institutionnelle au mépris du droit au secret médical et à la confidentialité. Les syndicats du département ont évidemment réagi. Frédérique Rolet, secrétaire nationale du SNES-FSU, a dénoncé un « flicage scandaleux » et rappelé que « tous les enseignants sont profondément attachés à leur mission ». Et Rodrigo Arenas, coprésident de la FCPE, relève que « l'on est en plein dans la logique blanquerienne », y voyant du harcèlement, et ajoute : « Il faut foutre la paix aux enseignants, comme aux enfants. Sans consignes claires, ni moyens, ils font ce qu'ils peuvent, comme ils le peuvent ». Et dans l'ensemble ils le font plutôt bien.
Une rentrée scolaire progressive et problématique
   Le gouvernement a maintenu sa volonté de rouvrir les écoles au printemps malgré l'avis contraire du conseil scientifique recommandant une rentrée en septembre, avis non publié pendant une semaine. Une rentrée progressive a commencé, d'abord dans les grandes sections de maternelle, les CP et les CM2. Elle montre que l'impératif de santé des élèves et des professeurs passe après les considérations économiques, l'objectif étant que les parents retournent au travail. En effet, par exemple, l'on sait qu'il est impossible de faire respecter les règles de distanciation physique aux enfants de maternelle. Les mesures barrières relèvent de la mission impossible. On comprend l'angoisse des parents qui « doivent choisir » d'envoyer leurs enfants au risque d'une contamination ou de maintenir un confinement insupportable pour certains. Le gouvernement reporte la décision sur les familles ainsi que sur les collectivités territoriales pour l'ouverture des établissements scolaires, ce qui n'est en la circonstance pas particulièrement faire preuve d'un sens de ses responsabilités.
   Les enfants seront contents de retrouver leurs copains. C'est important, mais y aura-t-il un intérêt pédagogique ? Un intérêt annoncé est de récupérer les décrocheurs. Mais viendront-ils sur la base du volontariat. Pour les lycées, on saura à quoi s'en tenir début juin. Mais 15 élèves c'est trop. Alors 10. Cela fait au mieux 2 semaines de cours. Et les enseignants devront-ils faire la double journée, présentielle et à distance ? 10 000 enseignants ont répondu à un questionnaire du Café pédagogique : seuls 15 % estiment que cette rentrée aura un intérêt pédagogique [3] ; le verdict est sans appel.
   Par ailleurs, 63 % des Français estiment que la décision de rouvrir les écoles est une mauvaise décision et deux parents sur trois n'envisagent pas de renvoyer leurs enfants en classe [4].
   Les syndicats appellent les enseignants à ne pas reprendre si la sécurité et la santé de tous ne sont pas effectives dans leurs établissements. Concernant les masques, l'impréparation et les variations gouvernementales n'ont qu'assez duré. Ni le choix de la date du 11 mai, ni les modalités de réouverture n'ont été le fruit d'une coopération avec les collectivités locales, les enseignants et les parents d'élèves.
   Et il y a la restauration scolaire, la désinfection, une ou plusieurs fois par jour, des salles de classes, des poignées de porte, des couloirs, des sanitaires. Et il y a les transports scolaires. L'association des maires d'Île-de-France (334 signataires) a écrit le 3 mai 2020 à Emmanuel Macron pour lui demander de repousser la réouverture des écoles, dénonçant un déconfinement « à marche forcée ». Ils demandent également à l'État de ne pas faire reposer sur les maires la « responsabilité juridique, politique et morale de la réouverture des écoles ». Plusieurs parlementaires réclament eux aussi une meilleure protection juridique des maires.
   La pandémie du Covid-19 a aggravé les inégalités scolaires. L'Éducation nationale ne doit pas se transformer en éducation municipale, au cas par cas, en fonction des possibilités de chaque territoire. Il en va du respect de l'égalité scolaire. L'École de la République est par définition une responsabilité de l'État.
apps.education.fr et les logiciels libres
   Dans l'éditorial d'EpiNet d'avril [1], nous faisions également état des problèmes techniques rencontrées, des difficultés pour se connecter, de ces services et applications qui ne sont pas conformes au RGPD (Règlement général de protection des données), notamment ceux des GAFAM qui, par ailleurs, payent peu d'impôts (neuf fois moins que ce qu'ils devraient payer !) et donc, de fait, ne participent pas comme ils devraient au financement des services de santé des pays dans lesquels ils font des profits considérables [5].
   Nous faisions aussi référence à ces enseignants qui, sur une liste de diffusion, se demandaient « pourquoi avoir choisi de dépenser des sommes considérables au bénéfice de Microsoft et Google plutôt que d'investir dans des infrastructures et de rémunérer du personnel compétent, ce qui nous aurait permis de miser sur des solutions logiciels libres auto-hébergées ». Pourquoi ces accords avec Microsoft signés par l'Éducation nationale ? Pourquoi payer sans fin des royalties à Microsoft plutôt que d'avoir eu une politique de développement des logiciels libres ?
   La DNE (Direction du numérique pour l'éducation) du ministère, en coopération avec une équipe inter-académique. a mis en ligne une plate-forme d'outils pour les agents de l'Éducation nationale à base de logiciels libres, pour travailler à distance, apps.education.fr [6]. Il s'agit d'une version bêta. Parmi les applications : outils de webconférence, d'écriture à plusieurs, de partage de documents ou de vidéos, présentés avec des usages possibles mais aussi un rappel des bons réflexes à avoir pour faciliter les utilisations.
   Cette plate-forme est conçue spécifiquement pour le contexte de crise sanitaire, Les services proposés sur la plate-forme sont donc temporaires afin de répondre aux demandes dans le cadre de la situation sanitaire actuelle.
   Mais cette plate-forme doit fournir dans une prochaine version finalisée un bouquet de services numériques partagés à l'échelle nationale, dans une perspective de pérennisation. Or, ce qui frappe, c'est la place laissée aux logiciels libres [7]. En effet, apps.education.fr ne liste que des outils gratuits et ouverts. On trouve Jitsi pour la webconférence, Nextcloud pour le partage de documents, Peertube pour la diffusion de vidéos, Etherpad pour l'édition de texte en collaboration et Discourse pour les forums. Il existe même une solution maison pour les blogs. « Faut-il y voir un pivot de l'Éducation nationale en direction des logiciels libres ? En tout cas, la crise sanitaire semble avoir un effet. C'est d'autant plus remarquable que », comme nous le rappelons ci-avant, « ce ministère a été par le passé pointé du doigt pour son partenariat avec un grand groupe étranger – en l'espèce, Microsoft –, en vue de diffuser ses logiciels propriétaires, ce qui avait mis en colère la communauté du logiciel libre, unie contre l'accord Microsoft-Éducation nationale » [8]. À suivre de près pour que « l'après » fasse toute leur place aux logiciels libres.
Les biens communs
   Crises sanitaire, sociale et économique : il est plus que jamais nécessaire pour les chercheurs de travailler ensemble, de passer outre le réflexe premier (souvent) plus compétitif que collaboratif quand il s'inscrit dans un contexte de marchandisation de toutes les activités humaines.
   Les initiatives de partage et de mise en commun des publications et des données se multiplient. Un cas d'école intéressant, le 31 janvier, la fondation Wellcome Trust lançait une déclaration engageant ses signataires à « partager les données et les résultats de la recherche concernant la flambée du nouveau coronavirus ». Deux mois plus tard, le texte était adopté par 122 organismes de financement, entreprises d'édition, organismes gouvernementaux et organisations scientifiques du monde entier dont, en France, l'ANR et l'Inserm.
   Les signataires annoncent leur intention « d'appliquer les principes de la présente déclaration à des flambées similaires dans l'avenir, lorsqu'il y aura un avantage significatif pour la santé publique à s'assurer que les données soient partagées largement et rapidement ».
   La santé ne doit pas relever du marché. C'est un bien commun. Sa gouvernance est l'affaire de tous. Elle ne doit donc pas être dans les mains des sociétés pharmaceutiques privées, de leur logique de recherche de profits et des dividendes qu'elles versent aux actionnaires et que paye la Sécurité Sociale, c'est-à-dire nous tous. Il en va de même de l'éducation, de la recherche en général ou de la forêt amazonienne. C'est ainsi que doit être « le monde d'après ».
Le 12 mai 2020
Jean-Pierre Archambault
Président de l'EPI
NOTES
[1] https://www.epi.asso.fr/revue/articles/a2004a.htm
[2] L'Humanité, le 27 avril 2020.
[3] http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2020/04/27042020 Article637235706814961939.aspx
[4] https://www.ladepeche.fr/2020/05/09/la-r...880107.php
[5] http://www.leparisien.fr/economie/gafa-u...158938.php
[6] https://apps.education.fr/
http://www.enseignerlinformatique.org/20...ent-25-04/
[7] https://www.numerama.com/tech/621660-le-...libre.html
[8] https://www.numerama.com/business/133492...onale.html

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  INTRODUCTION
Posté par : gblanchet03 - 31-05-2020, 9:41 - Forum : INFORMATIQUE ET SOCIÉTÉ - Pas de réponse

Quelques éléments historiques.

A la fin du XXe siècle une science connaît un développement exponentiel : la Science Informatique.
Au XIXe siècle les Sciences Physiques étudiant la matière et l’énergie (les forces de la nature) aboutissent à la révolution industrielle. On parle même de deux révolutions industrielles suivant les formes d’énergie utilisées (la vapeur ou l’électricité). Cela a des conséquences énormes sur la société humaine puisque nous passons en quelques dizaines d’années d’une société agraire, paysanne et artisanale à une société industrielle concentrée dans les villes. Alors que jusque là la force utilisée pour les travaux était humaine ou animale on assiste à l’avènement des machines animées par les « forces de la nature ». Celles-ci apparaissent aussi dans les foyers. Parallèlement les communications entre les êtres humains sont bouleversées : transports mais aussi par la voie des ondes ou de la « fée électricité » : radio, télévision, téléphone.
On associe volontiers cette (ces) révolution(s) industrielle(s) à une nouvelle ère géologique  l’anthropocène où l’activité humaine transforme fondamentalement la planète elle-même.
Or cette période coïncide avec le développement de l’organisation même des êtres humains à savoir le capitalisme. Des auteurs parlent de cette période géologique en employant le terme capitalocène.
Le capitalisme comprend tout ce qu’il peut tirer de ces nouvelles connaissances pour développer les « forces productives », toujours plus exploiter les êtres humains et tout transformer en marchandise. Mais les forces qui lui sont opposées s’organisent aussi et imposent dans l’école l’accès à tous et toutes à ces nouvelles connaissances (Physique et chimie) qui permettent de comprendre par exemple les enjeux de la « force nucléaire ».

Et la science informatique ?
Or rien de tout cela avec le développement dans les années 70 du siècle dernier de la science informatique. On parle, au mieux, de « nouvelles technologies de l’information et de la communication » (N.T.I.C.) mais jamais d’informatique, y compris, et cela est une faute historique, dans le système éducatif. Comme si les « décideurs » ne voulaient pas que les jeunes générations, mais aussi les plus anciennes, en comprennent les enjeux sociétaux, les concepts scientifiques sous-jacents et ne soient que des consommateurs dociles et frénétiques.
On peut faire une hypothèse. La voici : A la même époque naît avec l’école de Chicago le néolibéralisme, et la primauté de l’économie de marché sur toute autre activité humaine et afin de faire passer « la pensée unique » naît la « science (sic) économique et sociale (pour amadouer) » (S.E.S.) à partir de l’histoire et géographie. Tout passe comme une lettre à la poste et des horaires sont dégagés, sans problème, pour cette nouvelle « discipline ».
Or l’Informatique née des Mathématiques, rencontre une hostilité, y compris des Mathématiciens qui y voient une concurrence pour leurs horaires. Bien sûr le pouvoir n’a pas intérêt à ce que les gens comprennent le pouvoir émancipateur de cette nouvelle science. Ils ont intérêt par contre à ce qu’ils soient de bons consommateurs. Et c’est tout le travail fait par Microsoft (le M actuel des GAFAM) pour s’implanter durablement dans l’Education nationale auprès des décideurs mais aussi des enseignants alors que le DOS (système d’exploitation avant windows) n’est pas capable d’exploiter toutes les capacités des microprocesseurs de l’époque.
Il y a dans les années 70 des précurseurs à l’Éducation Nationale qui comprennent ce qui se passe dans la société et qui introduisent dans les années 80  (23 juillet 1981) une option informatique en lycée, avec formation des enseignants d’un an, et épreuve au bac. L’EPI (Enseignement Public et Informatique) née en 1971 est de ce combat.
En 85 (25 janvier 1985) le plan informatique pour tous (IPT) a, en principe, l’objectif de son titre mais ce sera davantage un plan de tentative de sauvetage de l’industrie française des ordinateurs Bull ou Thomson.
Pendant ce temps l’option informatique qui avait vocation à s’étendre à tous les lycées et pour tous les élèves subit suppression, renaissance puis resuppression, (3 fois) achevée définitivement par Allègre sans que les syndicats enseignants ne s’en émeuvent, ne considérant la chose d’abord que comme un outil, et même si le dit Allègre avait dit des Mathématiques que ce n’étaient que des outils.
Premier battement d’ailes de papillon qui n’a pas eu lieu.
Plus d'informations sur wikipedia : Histoire de l'enseignement de l'informatique en France.

Les logiciels libres.
La seconde occasion manquée est le développement à partir de la fin des années 90 des logiciels libres et dont l’Éducation Nationale n’a pas su, pas voulu, en tirer toute « la substantifique moelle ». On fera un peu plus bas quelques définitions sur de quoi est composée l’informatique. Les logiciels en sont l’élément essentiel.
Or dès le début, et à l’Université, s’affrontent deux hommes qui ont deux conceptions différentes de l’informatique. Bill Gates (fondateur de Microsoft) pour qui ce n’est qu’une question commerciale de faire de l’argent donc une conception purement capitaliste. Et Richard Stallman qui en a une vision émancipatrice avec les 4 libertés des logiciels libres. C’est assez savoureux (enfin si on peut dire) de voir que nos adversaires (les capitalistes) comprennent de suite de quoi il s’agit et savent agir en conséquence. Bill Gates dit de Richard Stallman que ce qu’il fait est « un nouveau communisme ». Or là aussi les promoteurs du logiciel libre, pour la plupart n’y voient qu’une meilleure technique et n’en voient pas l’aspect émancipateur avec des utilisateurs maîtres de leur informatique parce que la comprenant, et capables, avec des connaissances de « démonter la boite noire » et d’y apporter leur pierre.
Il y a bien là encore des lutteurs dans l’Éducation Nationale ou dans l’Éducation Populaire que ce soient le pôle LL du CNDP animé par Jean-Pierre Archambault, Framasoft, les Rencontres Mondiales du Logiciel Libre (RMLL), les GULL (Groupe d'utilisateurs de Logiciels libres) dont par exemple Linux-Arverne à Clermont-Ferrand (ce GULL avait été à l’origine de la distribution, avec la région Auvergne de deux Cd-rom remplis de LL à tous les lycéens de la Région)  ou des associations nationales telles que l’APRIL ou l’AFUL. Mais ce sont des combats de marge qui n’atteignent pas le grand public et c’est bien pire maintenant avec les GAFAM.

Quelques définitions :
Pour savoir de quoi on parle, c’est quoi l’Informatique ? C’est une science avec des chercheurs qui étudient des concepts, mais ce sont aussi des technologies dans les domaines les plus variés de la vie sociale. Mais ce sont aussi des enseignants capables de vulgariser (quel vilain mot) les concepts de la science et d’appliquer les technologies en comprenant ce qu’on fait.
Dans les savoirs transmis par ces enseignants, il y a le savoir, le savoir faire, mais aussi, ce qui est nouveau le savoir faire faire en différé à une machine. Donc une formation de haut niveau !!
Ce sont des machines, structurées en Unité Centrale (Microprocesseurs qui font les calculs) et Mémoires (par lesquelles passent ou sont stockées les données comme les instructions) et des Bus (fils où passent les données). Ces machines fonctionnent grâce à l’électronique (actuellement) fille de la Physique et des transistors (circuit ouvert c’est un 0 ; circuit fermé c’est un 1).
Ces machines communiquent avec des êtres humains par des organes d’entrée (clavier, souris, micro, écran tactile, capteur d’empreintes, caméra …) et des organes de sortie (imprimante, haut-parleur, écran …). Pour cela un système d’exploitation (SE) permet de traduire, en langage compréhensible par la machine, les instructions et les données entrées par l’être humain et inversement leur livrer le résultat du travail fait par la machine. Ces systèmes d’exploitation sont donc des logiciels. Les plus connus sont windows, GNU/linux sur PC, MacOS sur les Macintosh d’Apple, Android ou IOS sur les smartphones.
Ces machines avaient au début de l’informatique leur vie autonome, locale, mais on voit déjà que sans sa partie logicielle (donc création de cerveaux humains) c’est une machine inerte. Car après le SE et se greffant sur lui il y a toutes les applications (de traitement de textes, de capture et de traitement d’images ou de sons ….) qui permettent d’effectuer des tâches bien précises mais aussi de conserver quelque part le travail fait. D’où la sauvegarde régulière, sous un nom évocateur et à un endroit dont on se rappelle.
Mais avec l’arrivée d’INTERNET, concomitante en fait avec la naissance de l’informatique moderne puisqu’issue de la recherche scientifique, les machines communiquent entre elles.
Et là ça se complique un peu mais dans les principes c’est assez simple.
Il faut d’abord que chaque machine dans le monde ait une adresse IP . Mais là avec le nombre de machines dans le monde et avec le protocole IPv4 on n’a pas assez d’adresses. Donc on a recours à des artifices tels que réserver des classes d’adresses aux réseaux locaux qui dès qu’ils veulent communiquer avec l’extérieur passent par une passerelle. Les adresses du type 192.168.x.y
(x de 0 à 254 ; y de 1 à 254) sont de ce type.
Il y a aussi les adresses dynamiques que les providers d’accès à Internet vous attribuent et en changent suivant LEURS besoins.
On est en train de passer au protocole IPv6. Grâce à des adresses de 128 bits au lieu de 32 bits, IPv6 dispose d'un espace d'adressage bien plus important qu'IPv4 (plus de 340 sextillions, près de 7,9 × 1028 de fois plus). Même avec l’Internet des Objets (IoT) ça devrait le faire !!
Une fois ceci réglé il faut dans le monde entier des machines spécialisées pour traduire ces adresses en noms compréhensibles par les êtres humains. Le Domain Name System, généralement abrégé DNS, qu'on peut traduire en « système de noms de domaine », est le service informatique distribué utilisé pour traduire les noms de domaine Internet en adresse IP . Ainsi forum.rencontres-atelier.fr correspond à 51.83.70.112 tandis que rencontres-atelier.fr correspondant à 213.186.33.16
Ce service DNS est intéressant pour comprendre les notions de service, de port, de protocole, de client-serveur. Ce service utilise le port 53 et un protocole particulier d’échange entre la machine cliente qui veut qu’on lui traduise le nom en adresse IP ou l’inverse et le serveur DNS capable de le faire, lequel s’adresse à la machine qui est au-dessus de lui s’il est incapable de répondre. Il y a donc quelques machines serveurs DNS racines de toute une arborescence.
On va décrire un autre service bien connu le web (http non sécurisé port 80 ou https sécurisé port 443). Ainsi en tapant https://forum.rencontres-atelier.fr dans la barre d’adresse de votre navigateur web vous dites, implicitement que vous voulez utiliser le protocole sécurisé et que vous voulez vous adresser au serveur web 51.83.70.112 . Encore faut-il qu’il y ait à l’autre bout un serveur web qui va vous produire des pages html (HyperText Markup Language) à travers le protocole http (HyperText Transfer Protocol ) sécurisé. Eh oui il y a un serveur APACHE2 sur cette machine et le logiciel MyBB qui font le boulot.
Bon il y a plein d’autres services qui fonctionnent ainsi en client-serveur en utilisant des ports particuliers et des protocoles adaptés. Mais cet article est déjà trop long on pourra y revenir pour décrire d’autres services, s’il y a de la demande.

Où en sommes-nous en 2020 ?
Peut-être que si le papillon français s’était manifesté en 1981 ou en 1998 nous n’en serions pas là.
Le capitalisme lui a su engendrer ses monstres. Au début il n’y avait que le M maintenant il y a les autres : G (Google), A (Amazon), F (Facebook), A (Apple) qui dictent leur loi aux Etats, qui envoient à la place des Etats des fusées dans l’Espace pour s’approprier celui-ci, qui ont des projets déments de transhumanisme ou d’Intelligence Artificielle, qui entendent asservir l’ensemble des êtres humains en les traçant dans toutes leurs activités, même les plus intimes, et ce qui est le plus grave avec leur servitude + ou – volontaire.
Là aussi des pionniers essayent de lutter, par exemple Framasoft avec son opération dégooglisons Internet mais l’emprise est telle qu’il faudra une autre dimension pour TUER le monstre GAFAM.
Dans la construction du monde qui vient il est INDISPENSABLE que cette appropriation par les êtres humains de cette science et des technologies associées soient mises au service de l’humanité et non du dieu Fric.

Que peut faire ce forum ?
Jean-Pierre Archambault qui s’est inscrit à notre forum est d’accord pour animer avec moi celui-ci
Je vais publier son dernier éditorial de la revue Epinet comme premier sujet. Il est d’accord pour rechercher dans les archives de l’EPI des articles toujours d’actualité quitte à, un peu, les réactualiser. On pourrait passer éventuellement commande aux Universitaires qu’il connaît d’articles spécifiques. J’en commande un de suite : le télétravail dont on a beaucoup parlé pendant le déconfinement et dont Blanquer dit qu’il veut en faire la norme pour l’Éducation.
Jean-Marie Favreau, que j’ai connu à Linux-Arverne, qui m’a aidé à sécuriser notre forum, qui est inscrit ici et qui est enseignant-chercheur à l’Université de Clermont-Ferrand pourrait aussi, s’il en était d’accord, poster ce qu’il a envie.
Bien sûr il faut que les lecteurs réagissent aux sujets (en devenant membres : s'enregistrer) , en demandent d’autres pour comprendre, postent des sujets, candides ou naïfs, comme savent le faire les enfants. Soyons acteurs et actrices de notre émancipation !!

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  Dépasser le capital par la cotisation sociale
Posté par : Gérard Blanchet - 29-05-2020, 19:47 - Forum : DEMAIN SE PRÉPARE AUJOURD’HUI - Réponses (1)

Article original sur le site de Benoît Borrits : https://www.economie.org/blog/depasser-l...on-sociale

Dépasser le capital par la cotisation sociale
par Benoit Borrits | 29 Mai 2020 | Blog, A la une
[Image: ulises-baga-capital-cotisations-1080x675.jpg]
Le capital joue un rôle d’assureur privé des investissements et, dans une très faible mesure, des salaires. La crise du covid-19 vient de nous montrer combien ce système est défaillant, a été et sera encore producteur de chômage et de précarité. N’est-il pas temps de se débarrasser du capital en généralisant le principe de l’assurance par cotisations sociales à l’ensemble de l’économie ?
Le risque santé peut être assuré de deux façons différentes : en souscrivant individuellement une police d’assurance ou en participant à un régime obligatoire basé sur la cotisation sociale. Dans le second cas, c’est la solidarité collective qui permet de garantir à chacun des participant.es la couverture de ce risque, alors que dans le premier, c’est le capital de la compagnie d’assurance qui le fait : en mettant leur argent en garantie, des apporteurs de capitaux entendent réaliser un bénéfice. Or ce caractère assurantiel du capital ne se limite pas aux seules compagnies d’assurance.
L’assurance santé, de la mutuelle au régime obligatoire
La santé est essentielle à la qualité de vie. Elle est aussi fortement imprévisible. On a, très tôt, cherché à s’assurer contre ce risque par des mutuelles. Il s’agit de regroupements d’individus qui mettent de l’argent dans un pot commun, lequel servira à payer les frais de santé des membres du groupe qui en auront besoin. Un des principes d’origine des mutuelles est la solidarité infinie : si d’aventure, le fonds commun s’avère insuffisant, alors les individus verseront des cotisations supplémentaires.
Très vite, le risque médical intéressera le capital et les premières sociétés privées feront leur apparition pour concurrencer ces mutuelles. L’objectif premier n’est alors plus de garantir la santé à des membres mais d’offrir des services d’assurance à des clients dans l’objectif de gagner de l’argent. La compagnie d’assurance propose des contrats dans lequel le risque de chaque souscripteur est mesuré pour établir une prime d’assurance. Son objectif est de faire une marge entre la prime encaissée et les frais de santé qu’elle aura à débourser, attendu que nous restons dans l’incertitude et que celle-ci gagnera sur certains contrats et perdra sur d’autres. Le capital que vont apporter les actionnaires sert à couvrir le risque. Si la société est en perte et que les fonds propres (le capital et les résultats non distribués) s’avèrent insuffisants, alors la société sera en faillite et les clients ne seront donc plus assurés. C’est la raison pour laquelle la profession d’assureur est strictement encadrée par des organismes publics qui réglementent cette activité.
Les mutuelles cohabitent avec les assurances privées et les législations ont tendance à uniformiser les règles prudentielles : les mutuelles, tout comme les assurances privées, doivent développer des fonds propres de façon à assurer la solvabilité du risque. Les fonds propres des mutuelles n’appartiennent à personne et ne servent qu’à garantir le risque alors que ceux des assurances privées appartiennent aux actionnaires qui en extraient régulièrement des dividendes. Entre ces deux types d’entité, il y a donc bien une différence d’approches, l’une basée sur l’assurance mutuelle d’un risque, l’autre sur le contrat source de revenus pour le détenteur de capital. Cependant, cette banalisation de la mutuelle par l’introduction des fonds propres se comprend par le caractère volontaire de l’adhésion à la mutuelle. Qui voudrait adhérer à une mutuelle endettée qui pratiquerait de fortes primes d’assurance pour se redresser ? Le caractère volontaire de l’adhésion est sa principale faiblesse.
La réponse à cette question est le régime de l’assurance-santé obligatoire qui a été mis en place en France en 1946. Le principe est simple : tout salarié cotise de façon obligatoire à une gigantesque mutuelle qui assure le risque. Tout salarié qui aura besoin de soins y accédera gratuitement et le budget de l’assurance santé est déterminé par les cotisations. Celles-ci pourront croître ou éventuellement baisser en fonction des besoins. Mais il n’est nullement nécessaire de disposer d’un capital pour que le système puisse fonctionner : c’est la solidarité collective et obligatoire qui remplace le capital.
L’expérience nous a montré qu’en terme d’efficacité économique, les pays ayant des systèmes de santé obligatoires dépensent moins (10 % environ du PIB) que les pays qui fonctionnent sur la base des assurances privées : la santé représente 14 % du PIB des États-Unis, alors que certains de ses résidents n’ont pas de couverture médicale. Ne serait-il pas tentant d’appliquer le principe de la cotisation sociale à l’ensemble de l’économie et de ne pas se limiter au seul secteur de la santé ?
Le capital de l’entreprise comme assurance
Il est possible de considérer que toute société de capitaux – et pas seulement les compagnies d’assurance – joue un rôle assurantiel dans le cadre de l’économie. Une société de capitaux va réaliser des investissements dans des outils de production – machines, équipements, immobiliers – dont on ne connaît pas a priori la pertinence. Si l’investissement s’avère être une erreur, ce sont les propriétaires qui en feront les frais sur leurs fonds propres, tout comme les compagnies d’assurance qui auraient mal évalué le risque. Il est possible que la société de capitaux ait recours à l’emprunt pour réaliser un investissement. Ceci ne change guère la donne car ils prennent le risque en première ligne : si l’investissement s’avère être une erreur, ils devront de toute façon rembourser l’emprunt et les fonds propres en seront affectés. Toutefois, et tout comme une compagnie d’assurance qui fait faillite et laisse ses assurés sans couverture, si la société est incapable d’honorer ses engagements, les différents créanciers ne seront peut-être pas remboursés et supporteront le coût de cette erreur de la société de capitaux.
Ce rôle d’assureur de la société de capitaux porte autant sur les achats réalisés auprès d’autres entreprises que vis-à-vis de ses travailleurs. Comme ces derniers réalisent la valeur ajoutée de l’entreprise, la logique voudrait qu’ils en touchent l’intégralité. Mais dans un tel cas, la société de capitaux ne réaliserait aucune marge et cesserait d’avoir un intérêt pour ses actionnaires. C’est ce qui explique la relation salariale : le travailleur échange sa force de travail contre un salaire, lequel lui est garanti en échange de son obéissance aux ordres d’une direction nommée par les actionnaires.
Au XIXe siècle, le salariat s’apparentait principalement à un contrat de louage de bras : l’entrepreneur embauchait à la journée en fonction de ses prévisions immédiates. La possession d’un capital lui permettait de proposer un prix du travail supérieur à ce qu’un indépendant sans capital pouvait produire mais la garantie qu’il proposait était faible : il avait la liberté de ne pas réembaucher le lendemain si son carnet de commandes était faible. En clair, il était dans une position très enviable où son risque principal était celui de son engagement en équipements de longue durée.
Les luttes sociales ont apporté un renforcement des sécurités de rémunération des salarié.es. Le droit social impose des rémunérations minimums. Les conventions collectives permettent un début de reconnaissance de la qualification. Le contrat de travail est désormais encadré et n’autorise que des licenciements justifiés et ce, avec le respect de préavis plus ou moins longs. Si le licenciement n’est pas justifié, l’entreprise s’expose à des indemnités et parfois même à une réintégration du salarié avec le paiement de tous les arriérés, comme cela était autrefois le cas en Espagne et en Italie. Cependant, si ces législations imposent que les entreprises respectent ces règles en cas d’embauche, elles n’imposent aucunement qu’elles embauchent les personnes qui souhaitent travailler, ce qui limite largement l’intérêt du capital.
Vis-à-vis des salaires, le caractère assurantiel du capital a été renforcé tout au long du XXe siècle. Ces avancées ont cependant été battues en brèche sur les dernières décennies. Pire, le capital tend de plus en plus à contourner le droit du travail en utilisant l’intérim ou le statut de l’indépendant pour s’affranchir de toute obligation. Le caractère assurantiel du capital à l’égard du travail tend aujourd’hui à s’amoindrir et ce, pour une raison simple à expliquer : s’il est concevable d’être exigeant vis-à-vis de grosses sociétés qui disposent de capacités de retournement, il n’en est pas forcément de même des petites entreprises. Il y a d’ailleurs souvent des différences de législation en fonction de la taille des entreprises. Mais il est intéressant de noter qu’au XXe siècle, sont aussi apparues les cotisations sociales dans d’autres domaines que l’assurance santé et que celles-ci commencent à mutualiser certains revenus.
Les cotisations sociales
Si les entreprises peuvent licencier, les salariés se sont vus reconnaître des droits au chômage sur une certaine période. De même, en cas d’incapacité de travailler pour des raisons de santé, des indemnités maladies sont versées. Enfin, à partir d’un certain âge, les travailleurs vont toucher des revenus sans avoir à occuper un emploi.
On retrouve donc ici ce même parallèle qu’avec le secteur spécifique de la santé. Le capital ne peut pas tout et à un moment donné, une solution d’assurance collective est infiniment plus efficace que sa sollicitation à l’infini. Ces cotisations sociales sont donc une réponse pertinente concernant la sécurisation des revenus. Elles sont une solution fondamentalement anticapitaliste au sens où il n’y a pas besoin de capital pour garantir ces prestations car celles-ci sont fondées sur la solidarité collective. Elles réalisent une socialisation d’une partie du revenu que produisent les salariés et des législations ont imposé que ces cotisations fassent partie du salaire. Elles sont donc une garantie supplémentaire et collective de sécurisation des revenus des salariés dont les sociétés de capitaux se passeraient bien volontiers d’ailleurs.
La crise du Covid-19 et la comédie du sauvetage de l’économie
Cette crise nous a montré combien le caractère assurantiel du capital était faible pour le salariat. Les sociétés qui se sont retrouvées de facto fermées ont immédiatement arrêté les contrats d’intérim, ont mis fin aux périodes d’essai et n’ont pas renouvelé les CDD. Pour le reste, le gouvernement a immédiatement levé l’obligation de payer les cotisations sociales pour l’ensemble des entreprises ouvrant la voie à des remises définitives de celles-ci pour les secteurs les plus touchés. Afin que les entreprises ne mettent pas fin aux CDI, le gouvernement a mis en place des mesures de chômage technique qui garantissaient aux salariés un maintien partiel de leurs revenus. Pour le dire clairement, le caractère assurantiel du salariat n’était pas très important et pour que les sociétés ne licencient pas de trop et/ou ne soient pas en faillite, l’État s’est porté à leur secours pour les maintenir tant bien que mal pendant le confinement. Mais ces mesures de chômage partiel ne pourront se maintenir indéfiniment et les plans de licenciements commencent à être dévoilés.
Ces mesures ont été décidées au nom du sauvetage de l’économie. Il y avait effectivement un risque systémique : les entreprises sont liées les unes aux autres par un ensemble d’obligations, dont celle de payer les factures des fournisseurs. Si une société de capitaux fait faillite – et cela peut provenir du non paiement des salaires – il est probable que cette même société ne puisse pas honorer le paiement de ses fournisseurs et que cela entraîne d’autres faillites. Ceci nous montre à quel point le capitalisme est un système fragile et que le rôle assurantiel du capital porte en lui un risque systémique, tout comme les produits financiers dérivés qui sont aussi des produits d’assurance. C’est ce risque de faillites en série que le gouvernement a évité en suspendant les cotisations sociales et en recourant massivement au chômage partiel.
Une approche plus logique aurait été possible qui consistait à faire le distinguo entre la société de capitaux et l’entreprise. L’entreprise est avant tout chose un collectif de travailleur.ses qui réalisent ensemble une production. Une société de capitaux est une association d’individus qui apportent les capitaux initiaux pour financer l’entreprise et qui, en contrepartie la dirige pour en extraire des profits. Comme les cotisations sociales sont une composante du salaire, nous aurions dû constater la faillite des sociétés de capitaux et de leurs propriétaires, sans que cela entraîne une disruption de l’entreprise : cela pouvait se faire en permettant aux salarié.es de diriger l’entreprise en lieu et place des actionnaires. Ceci est largement préférable à la procédure de redressement judiciaire dans laquelle les créanciers voient leurs dus gelés, ce qui peut favoriser les faillites en cascades. Mais cela suppose que les salaires soient assurés hors de la sphère de l’entreprise, ce que nous allons proposer plus loin.
Les drames de l’après covid : côté salarial, patronal et environnemental
La sortie de ce plan de secours de « l’économie » s’annonce catastrophique. Cela fait des décennies que nous connaissons du chômage et de la précarité. La crise du coronavirus nous a mis face à cette terrible réalité : dans un pays aussi riche que le nôtre, des personnes ont eu faim car elles se sont trouvées sans ressources du jour au lendemain. Des faillites de sociétés s’annoncent, des plans de licenciements se préparent. Le chômage va bondir de nouveau. La situation qui prévalait avant la crise sera pire demain. C’est ce qui s’annonce côté salarial.
Du côté des personnes qui détiennent des portefeuilles d’actions, la vie n’est pas si mauvaise que cela. Certes, elles ont encaissé des pertes sur certains secteurs mais sur le fond, détenir un portefeuille n’est pas donné à tout le monde et elles ne sont jamais qu’un peu moins riches. Mais le capital a une autre réalité, celle d’individus qui ont investi leur propre argent dans un hôtel, un restaurant, un commerce ou une petite société, et qui, du fait d’une pandémie dont ils ne sont en rien responsables, vont perdre la totalité de ce qu’ils ont mis dans l’entreprise. Nous vivons dans une société qui vante la prise de risque, qui salue ces aventuriers des temps modernes que seraient les entrepreneurs et qui va laisser un certain nombre d’entre eux ruinés et parfois même endettés à vie si ceux-ci ont eu le malheur de signer une caution solidaire sur les prêts bancaires qu’a contractés l’entreprise. Ces personnes se sont engagées à fond dans le grand loto du capital, ont parfois été de vrais exploiteurs ou à l’inverse ont été largement sous-payés. Il ne s’agit pas ici de porter un jugement moral mais de constater l’absurdité d’un système qu’il n’est plus possible de défendre.
Alors que le caractère assurantiel du capitalisme a été mis en défaut durant la crise du covid-19 et menaçait de provoquer des défauts en cascade, il a été sauvé artificiellement par une intervention massive de l’État et de la Banque centrale européenne. Il apparaît maintenant que ce sauvetage n’a été que temporaire, que de nombreuses entreprises seront en faillite et que des grandes sociétés préparent déjà des plans de licenciements pour les mois à venir. Cela fait quatre décennies que nos économies connaissent l’exclusion et la précarité et nous allons sortir de cette crise avec un chômage encore plus fort. Alors qu’il est urgent pour le climat de réduire certaines de nos productions non essentielles, de réduire en conséquence le temps de travail et de profiter de plus de temps libre, voilà que la petite musique de la relance se fait jour, affublée de son épithète Green deal. Non seulement le chômage et la précarité ne disparaîtront pas mais le réchauffement climatique et l’effondrement écologique sera plus certain que jamais. On a tout à perdre à rester dans ce système.
Quelle sortie de système ?
Si le capital est l’assureur des salaires, il agit alors comme les sociétés privées d’assurance : chaque société de capitaux choisit les personnes qui peuvent travailler chez elle, et qui sont susceptibles de lui rapporter de l’argent. Pour que les sociétés de capitaux embauchent la totalité des personnes qui le souhaitent, il faut donc des politiques de stimulation de l’activité. Et si cela s’avère insuffisant ou inopérant, on rentre alors dans des politiques d’État employeur en dernier ressort qui de facto divise le salariat.
Aborder les rémunérations sur l’angle du régime obligatoire impose une approche exactement opposée. Il s’agit de poser en principe que toute personne a droit à un revenu parce qu’elle a le droit de vivre décemment. Ce revenu correspond à des droits d’acheter la production. Dès lors, ceci ouvre le débat sur la contrepartie de ce revenu. Est-ce que tout ou partie de ce revenu est inconditionnel ou doit-il être obtenu en contrepartie d’un travail et si oui, selon quelles modalités doit-on obliger les personnes à accepter un emploi ? Mais poser cette question suppose que l’ensemble des unités de production soient en mesure de proposer des emplois.
C’est ici que la péréquation interentreprises est essentielle en tant que régime obligatoire. Elle mutualise une partie du revenu des entreprises en la répartissant en fonction du nombre de salariés. Pour donner un ordre d’idée, si on garantissait à chaque salarié en poste une allocation de 1500 euros, il faudrait prélever 31 % de cette différence (sur la base des données de l’INSEE pour 2018). Ceci signifie que 31 % de la rémunération de chaque individu n’est plus déterminée par le jeu du marché : il s’agit ici d’une socialisation partielle. On pourra bien sûr augmenter ou diminuer cette part. On peut moduler celle-ci en fonction de la qualification des individus. On peut aussi rendre cette allocation inconditionnelle en la versant directement aux individus. Tout ceci est l’objet de délibérations politiques et constitue de fait une rupture profonde avec l’ordre capitaliste dans lequel le revenu est la contrepartie de la valorisation marchande de la force de travail. Cette socialisation d’une partie du revenu permet d’assurer un revenu à chaque unité de production pour toute personne employée, ce qui ne peut qu’inciter à embaucher et assurer ainsi une garantie de plein emploi dans le cadre d’une économie sans actionnaires.
Le second risque qu’assurait le capital était l’investissement. On ne pourra jamais interdire à quelqu’un d’investir son argent dans une entreprise s’il y travaille mais on peut raisonnablement penser que tout le monde préférera financer ses investissements de façon externe. Là encore, la réponse se trouve dans un système financier socialisé dont la sécurité est assurée par des cotisations obligatoires. Il faudra donc que l’intégralité des actifs des entreprises soient financée par emprunts afin de faire disparaître la notion de capital et de fonds propres. Ces emprunts seront réalisés par des banques qui, comme les autres entreprises, seront autogérées par leurs salarié.es. Ceci sera possible par la présence d’un fonds socialisé d’investissements qui aura des objectifs en terme de nature d’investissements et qui pourra remplacer ce qui ne pouvait qu’être financé par des fonds propres. Ce fonds prêtera aux banques à des taux d’intérêt aussi bien positifs que négatifs. Le démarrage comme l’équilibre de ce fonds sera assuré par un système de cotisations permettant une mutualisation générale du risque propre à l’investissement.
Au nom du risque assurantiel pris par le capital sur les investissements, celui-ci dirige les entreprises en lieu et place de celles et de ceux qui y travaillent, ce qui limite très fortement la démocratie dans nos sociétés. Qui plus est, la garantie qu’offre le capital sur les salaires est extrêmement faible, le chômage et la précarité étant largement présents dans nos sociétés. Seule, une extension du principe de l’assurance collective à l’investissement et aux revenus sera de nature à démocratiser pleinement l’économie en permettant d’effectuer des choix collectifs tout en garantissant des revenus à toutes et à tous.
Photo by Ulises Baga on Unsplash

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  Ce qui nous attend probablement en France
Posté par : dada03170 - 28-05-2020, 14:16 - Forum : Autres textes - Réponses (2)

Lien vers un article intéressant qui démontre la régression sociale des USA qui nous pend au nez en privatisant tout ou presque, en libéralisant trop! Angry

https://usbeketrica.com/article/les-etat...ondisation

Dada03170

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