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Avenir des Rencontres de l'Atelier
#1
Comme ils l'ont fait durant le confinement, les Animateurs de l'Atelier continuent d'échanger, sous la forme de réunion téléphonée, en ce début de confinement. Leur  souci est de préparer au mieux la relance de la bataille des idées qui, avec ce que nous venons de vivre, devra prendre une nouvelle dimension pour tenter de répondre à l'immense question à laquelle nous sommes inévitablement confrontés : dans quelle société voulons nous vivre?

Vous trouverez joint le compte-rendu de nos derniers débats. Vous observerez que cet écrit est antérieur aux événements qui se déroulent aux États-Unis et qui font  écho à ce qui, ces jours mêmes, se passe en France. Le fond est le même dans les deux pays : violences policières et racisme mais pourrait bien en toucher d'autres et s'étendre aux sujets sociaux. L'extrême violence des dirigeants des pays capitalistes qui n'hésitent pas avec leur police, voire leurs armées, à tenter de museler toutes tentatives de contestation et, plus encore, toutes aspirations à vivre dans un autre monde, devient de plus évidente aux yeux de tous .

Après avoir pris connaissance de nos analyses, nous serions preneurs de vos avis et suggestions.
Pour cela,notre forum vous est grand ouvert :
https://forum.rencontres-atelier.fr

Bien à vous.
Les Animateurs de l'Atelier


LES RENCONTRES DE L’ATELIER
Texte faisant suite à la réunion téléphonée du 20/05/2020
Il semble aux animateurs participant à cette réunion que deux éléments majeurs ressortent au moment où semble se terminer l’épidémie de coronavirus, avec les risques encourus pour la santé et ses plus de 28000 morts.
A ces si fortes préoccupations vécues, s’ajoutent une nette aggravation du chômage (hausse actuelle de 7,1 %) et, aussi insupportable que cela puisse sembler à notre époque, des risques de malnutrition touchant des familles déjà frappées par tant de difficultés.
Méprisant ces douloureuses réalités et, sans scrupule ni hésitation, Macron et les siens restent pour l’essentiel sourds à tous les appels en vue d’améliorer, sans retard, des secteurs durement frappés comme la santé qui, sans l’extraordinaire contribution des salariés, auraient pu nous conduire à des drames plus étendus. Ils ne répondent pas mieux aux sollicitations pressantes pour plus de justice sociale. Par contre, nos dirigeants sont très actifs pour accourir au secours des grandes entreprises, des actionnaires et de leurs dividendes (plus de 300 milliards d’euros) et, craignant la réaction du peuple, ils s’empressent de museler la démocratie et de développer un autoritarisme des plus inquiétants.
Mais ni Macron ni personne ne pourra museler ce qui se passe dans les têtes de l’immense partie d’entre nous qui avons eu peur pour notre santé, qui avons souffert de tant de gabegie et qui avons aussi fait vivre des solidarités des plus stimulantes pour limiter, autant que faire se peut, les conséquences des risques encourus.
Il semble en effet retenu comme réel et plus fort que jamais, le constat d’un gâchis tellement préjudiciable provenant des gouvernants au profit des géants de l’industrie et de la finance qui pillent sans retenue les richesses créées par le plus grand nombre d’entre nous. Les méfaits du capitalisme étaient certes déjà connus, mais avec la dernière crise, il semblerait qu’ils soient apparus plus évidents et plus destructeurs.
Plus qu’un long exposé, prenons un exemple concret et qui, de plus, touche directement à notre santé.
Le laboratoire pharmaceutique Sanofi est un groupe qui doit tout au soutien de L’État et qui donc, à merveille, incarne les liens incestueux noués entre les puissances politiques et le marché capitaliste. En effet, Sanofi, c’est 35 milliards d’euros de chiffre d’affaires, 100 milliards de capitalisation boursière et c’est 4 milliards d’euros empochés par les actionnaires.
Comme si ces chiffres ne révélaient pas des richesses difficilement mesurables par le commun des mortels, L’État lui a servi sur un plateau 150 millions d’euros de crédits d’impôts, 24 millions au compte du CICE versés chaque année. En plus, l’entreprise internationale a pu compter sur de substantiels crédits européens.
Pourtant Sanofi, biberonnée à l’argent public, ne se sent liée par aucune obligation à l’égard du pays, moins encore à l’endroit des français. Bien pire encore, elle leur nuit comme par exemple en arrêtant, il y a quelques années, toute recherche sur les maladies infectieuses. Révoltant, tout simplement révoltant quand on pense à ce que nous venons de vivre. Et de plus, Sanofi a sabré dans l’emploi pour doper encore les actions du groupe.
Ne sommes nous pas fondés à dire qu’un tel groupe capitaliste ne doit plus continuer à nous nuire, à nous voler ? N’est-il pas temps d’exprimer notre exigence de voir l’entreprise Sanofi devenir un bien commun, une propriété commune aux citoyens ? Le moment n’est il pas venu de voir l’entreprise gérée par les salariés, les chercheurs, les soignants et les usagers ? Si nous ne le faisons pas, quels risques plus graves n’encourrions-nous pas en cas de nouvelles épidémies ?
Mais notre raisonnement ainsi enclenché, ne doit-il pas faire le constat que toutes les grandes entreprises en France, tout aussi cadenassées par d’avides actionnaires et tout aussi gavées financièrement par L’État, relèvent du même constat que celui fait pour Sanofi ?
Si oui, tout s’explique. Ayant, pour d’égoïstes intérêts financiers, massacré les productions françaises, y compris celles de première nécessité, y compris celles directement liées à la santé, nous ne disposions ni de masques, ni de tests, ni de produits de base pour fabriquer les médicaments. La liste pourrait hélas s’allonger à toutes les productions.

Le second élément que nous voudrions soumettre aux échanges à venir pourrait être considéré comme la mise en perspective concrète de ce qui est exposé ci-dessus à propos d’un autre devenir de maîtrise de productions.
Comment nous sommes-nous sortis au mieux d’une pandémie d’une aussi extrême gravité ? La réponse ne supporte aucune hésitation : par le savoir-faire professionnel, le sens du devoir, du dévouement à toutes épreuves de celles et de ceux qui étaient en première ligne : les professionnels de santé avant tout, les personnels des EHPAD et beaucoup d’autres avec eux, comme les pompiers, les acteurs (trices) des réseaux de production et de distribution de l’alimentaire, le secteur associatif…
Nous ne saurions manquer d’observer que bon nombre de ces métiers sont parmi les moins reconnus, les plus mal appréciés et bien sûr les plus mal payés. A tout cela s’ajoutent les femmes et les hommes qui, par un moyen ou par un autre, ont permis que nous soyons assurés de la meilleure protection possible. En un mot, toutes celles et tous ceux qui ont permis que le pays tienne debout. Il y a là des capacités humaines qui se sont exprimées avec peu de précédents dans notre histoire.
Nous pensons utile de mettre l’accent sur l’une de ces capacités humaines si prometteuse d’avenir et si réelle que même les médias bien pensants n’ont pu la passer sous silence.
Durant toute la crise, la direction des hôpitaux publics a été continuellement en total retrait.
Médecins, infirmiers, aides-soignants, personnels techniques et administratifs ont d’eux-mêmes fait fonctionner l’hôpital. Elles et ils ont fait face aux exigences des soins dans des conditions humaines et matérielles des plus dégradées. Elles et ils ont fait fonctionner les divers services.
Ne s’agit-il pas là d’une réalité d’une remarquable importance qui en dit long sur les capacités professionnelles et gestionnaires du monde soignant ? Ne devons-nous pas bien mesurer les apports conséquents, en capacité d’organisation et de maîtrise des soins qu’aurait un hôpital doté de moyens humains et techniques à la hauteur des besoins et qui serait dirigé par les soignants eux-mêmes avec l’appui des usagers et des collectivités publiques ?
Imaginons un instant ce qu’une telle démarche, dans le secteur de la santé publique, en appui sur le secteur du médicament, fabriqué tout entier en France sous la gestion des salariés, aurait pu impulser comme dynamique sanitaire de haut niveau pour faire face aux conséquences d’un virus. Cette toute autre façon de faire, d’agir et de gérer aurait, sans aucun doute, limité le nombre de malades et, plus encore, le nombre de décès.
Au fond, cette crise sanitaire ne peut-elle pas permettre de donner un relief inédit et stimulant à un double constat ?
D’un côté, des femmes et des hommes qui produisent en tous domaines et sans qui la France ne serait pas. Certain(es) produisent de la santé, d’autres de l’éducation, de l’énergie, du logement, de la nourriture …. Elles et ils sont l’avenir, un avenir qui peut être serein, maîtrisé, fait de partage et d’égalité.
De l’autre, une poignée d’individus, actionnaires qui, avec leurs valets dans tous les rouages publics, dominent L’État. Ils se croient tout permis, d’abord de capter à leur seul profit ce que dégagent nos productions, quitte à exploiter de plus en plus durement, mettre de plus en plus de citoyens en précarité invivable, à saigner l’école, la santé, le logement, les loisirs, jusqu’à en faire des services en extrême fragilité. Conscients de leur rejet grandissant, ils n’hésitent pas à désagréger le fonctionnement démocratique du pays et à mettre en place un système de plus en plus autoritaire et violent.

A celles et à ceux qui suivent, d’une façon ou d’une autre, les initiatives des « RENCONTRES DE L’ATELIER », nous proposons de tenir, dès que cela sera possible, une rencontre entre nous.
Ensemble, nous échangerons sur les mois que nous venons de vivre. Ensemble, nous mesurerons ce que cette période peut dégager. Ensemble, nous construirons « LES RENCONTRES DE L’ATELIER » à venir.
Pour ouvrir le débat, nous formulons ci-dessous quelques interrogations sur les possibles qui peuvent ressortir des mois écoulés. Nous souhaitons vivement que chacune, chacun d’entre vous les enrichisse de son point de vue.
  • .A l’issue de la dernière période, les contradictions, les désordres du capitalisme ne s’accentuent-ils pas ?
  • Les yeux ne se sont-ils pas ouverts, les consciences mises en alerte sur les impasses et les méfaits du capitalisme au plan économique, social, politique et environnemental ?
  • L’idée de placer notre économie sur une trajectoire vertueuse qui respecterait enfin notre environnement et garantirait un futur à notre planète n’a-t-elle pas progressée ?
  • N’est-il pas mieux ressenti par les citoyens qu’il est temps de prendre le chemin d’une économie démocratique dans laquelle les salariés et les usagers définissent ensemble ce qu’il faut produire ?
  • Le temps n’est-il pas venu de transformer les entreprises de sociétés de capitaux en unités de production autogérées ? N’est-ce pas là la définition même d’une sortie du capitalisme, et qui commencerait à ouvrir une période de rupture avec lui ? N’est-ce pas ce dont nous avons besoin aujourd’hui pour sauver notre économie, nos productions nationales ?
  • Le collectif de travail que constitue l’entreprise n’est-il pas apte à gérer ? L’existence des SCOP ne nous montre-t-elle pas, loin d’être une impossibilité, qu’une gestion par les salariés est un atout ?
En un mot :
  • Tout cela n’est-il pas à notre portée ?
  • Ne vivons-nous pas l’ouverture historique des possibles ?
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#2
Bonjour,

La seule chose qui me vient à l'esprit en lisant votre article, très bien fait ceci dit et très intéressant, c'est ceci:
Nous avons peut-être à notre portée une avancée citoyenne, une intégration du citoyen dans les politiques.

Et, nous avons certainement une ouverture historique des possibles mais est ce que nous sommes majoritairement d'accord pour transformer ce monde d'avant?

Je n'en suis pas sûr, j'écrivais sur mon blog il n'y a pas si longtemps "est-ce que nous voulons changer?" ou au moins "évoluer" e je répondais: "je ne le crois pas"...

J'espère une chose en écrivant cela: me tromper.
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#3
http://dada03170.over-blog.com/2020/06/d...ortir.html
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